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Belle et très rare carabine/mousqueton Mauser Belge du modèle 1889 – Cal. 7,65 × 53 mm Mauser dit « argentin » – Arme restée au standard 1889 de 1914-1918 – Toutes pièces de la période y compris la hausse – Arme de Birmingham – Bon bois – Beaux fers – Bon canon – Très bonne mécanique – Collector fort rare de 14-18 – BE+/TBE
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Source
Flingus Maximus
Dernière mise à jour
il y a environ 10 heures
Description
Cette arme a toute ma sympathie. Parce qu’elle est tout ce que j’aime.
Techniquement et historiquement passionnante. Modeste en apparence. Et souvent ignorée par ceux qui ne la connaissent pas.
Et pourtant.
Le Mauser 1889 raconte à la fois l’histoire de l’armement dans tous ses détours, souvent liés aux faiblesses ou aux échecs des hommes. Mais c’est aussi une arme qui raconte la grande Histoire, celle des hommes qui se relèvent de l’impensable, auxquels on ne donne aucune chance. Et qui se battent, dur, juste pour ne pas lâcher. Et qui gagnent…
Pas tellement pour ce qu’on dira d’eux un jour. Juste pour rester des bonhommes. Par fierté.
Et dans ces deux compartiments de l’histoire, cette arme en a à revendre de la fierté.
Je vous ai raconté ici l’histoire assez dramatique et même, par certains aspects, sordide (trahison d’un français, récupération antisémite d’une arme mal foutue) de l’adoption du Komission Gewehr 1888 par l’Allemagne.
Cette adoption éclair d’un fusil bâclé produit par des arsenaux d’Etat laissait le fabricant très compétent mais encore fragile économiquement qu’était Mauser dans une situation financière fort délicate.
Commercialement, ce n’était pas beaucoup plus confortable pour Mauser qui vivait déjà beaucoup de l’export.
Comment expliquer à sa clientèle sud-américaine, serbe ou chinoise, le fait que l’armée allemande, après avoir adopté le système Mauser 1871, avait refusé de faire appel à Mauser pour, ne serait-ce que, réfléchir à ce que pourrait être son remplaçant ?
Le gant jeté à Mauser, en Allemagne même, par l’adoption du Gewehr 1888 contre ce qui allait devenir un jour le système Mauser 1889 était un affront direct à la firme de Oberndorf am Neckar.
En se voyant refuser le droit d’équiper l’Armée Impériale, Mauser était acculé à relever le défi sans l’indispensable publicité qu’aurait pu constituer l’attribution du marché militaire allemand. Il fallait absolument, sous peine de disparaitre, démontrer au monde les qualités des armes Mauser.
Ce défi n’aurait pu être plus brillamment relevé par Paul Mauser (1838-1914).
Cette réaction de fierté c’est très exactement notre Mauser 1889 de ce jour.
Soyons clair: il s’agit du premier fusil à verrou moderne de Paul Mauser conçu dès l’origine pour la poudre sans fumée. Le concept et l’arme vont laisser de nombreuses traces durables dans l’Histoire de l’armement.
Au passage, c’est bien son adoption par l’Armée belge qui mènera directement à la création de la célèbre FN Herstal afin d’assurer sa production locale. Un poids lourd industriel de l’armement qui existe encore aujourd’hui. C’est vous dire si ce Mauser 1889 compte dans l’Histoire des armes.
Cette trace dans l’Histoire de l’armement se sont d’abord ses successeurs directs, bénéficiant à chaque fois de nouvelles améliorations et d’une qualité de fabrication irréprochable qui en parlent le mieux : Mauser Ottoman Modèle 1890 (plus de 280 000 exemplaires), Mauser Argentin Modèle 1891 (système d’extraction amélioré et exporté aussi en Bolivie, Pérou, Colombie, Équateur, Paraguay et Venezuela – au moins 225.000 armes), le Mauser Modèle 1893 adopté par l’Espagne (avec son magasin double pile et sa culasse à armement arrière – peut-être 1.000.000 d’exemplaires produits dans le monde.
Pour ne pas parler du descendant final, le plus achevé et le plus prolifique, le plus connu: le Mauser 1898, qui se glisse encore jusque dans vos plus récentes carabines de chasse.
Tous sont les fils directs du système 1889.
Le fusil à verrou moderne est donc né de cette réaction d’orgueil de Paul Mauser aidé en cela par son technicien Louis Schlegelmilch qui a conçu le premier jet de cette culasse. Ensemble, ils vont définir les standards des fusils de guerre du XXe siècle.
La première grande innovation de Mauser avec cette arme, c’est un boîtier de culasse qui intègre un guide permettant d’introduire d’un seul mouvement 5 cartouches dans le magasin.
Ce système de lame chargeur s’avère infiniment plus rapide que le rechargement cartouche par cartouche du Lebel français ou le système à boîtier complet du Mannlicher.
L’arme intègre aussi un manchon thermique de canon. Lui est inspiré du Gewehr 88 allemand. Le canon est enveloppé d’un tube en tôle d’acier. Ce dispositif protège les mains du tireur contre la chaleur lors de tirs soutenus et isole le canon des contraintes physiques du bois de la monture.
Plus durables encore seront aussi les autres points forts de cette arme.
D’abord, un magasin vertical fixe à pile unique qui deviendra à double pile dans les améliorations du concept (en l’espèce avec le Mauser « Espagnol » 1893). Contrairement aux tubes sous le canon, ce boîtier placé devant la détente ne modifie pas l’équilibre de l’arme à mesure qu’elle se vide.
Mais surtout le 1889 brille par sa culasse à tenons de verrouillage frontaux. Le verrouillage s’effectue en tête de culasse, directement dans le boîtier. Cette disposition encaisse bien mieux les fortes pressions de la nouvelle poudre sans fumée que dans les armes à verrouillages arrière. C’est ce système à tenons que Mauser ne cessera d’améliorer jusque son 1898.
L’arme 1889 est résolument la plus moderne de son époque et la mère de toutes les armes à verrou militaires qui suivront
Enfin elle brille par sa munition, la 7,65 × 53 mm Mauser souvent appelé « Mauser Argentin » chez les collectionneurs-tireurs. Car ce calibre, outre la Belgique et l’Empire ottoman, équipera la plupart des armées sud-américaines et, avec le plus grand nombre d’armes, l’Argentine.
C’est une remarquable cartouche à gorge moderne, puissante et sans bourrelet, et qui offre une excellente tension de trajectoire. Elle surclasse de loin toutes les autres munitions militaires de l’époque. Je la recommande au tir et au TAR.
Tout cela, vers 1890, fait de l’armée belge la mieux équipée et la plus moderne du monde par son armement individuel.
Doté d’une robustesse et d’une fiabilité sans égal à l’époque, le fusil 1889 aura une carrière très longue qui durera jusqu’à la seconde guerre mondiale avec la transformation de la plupart des exemplaires au standard 1936 (disparition du manchon de canon, culasse à armement par l’arrière et non en poussant, et modification de chargeur).
Le Mauser 1889 est donc à juste titre salué par tous les historiens de l’armement comme le véritable point de départ de la suprématie mondiale des fusils à verrou Mauser.
Mais le 1889 raconte aussi une autre histoire. Bien plus terrible.
Car c’est avec cette arme que la modeste Belgique devra faire face à la déferlante.
Début août 1914, dans le cadre du Plan Schlieffen, l’Allemagne déploie immédiatement environ 1 000 000 à 1 500 000 soldats sur la partie de son aile marchante traversant la Belgique. En face, 117.000 soldats belges auxquels s’ajoutent 30.000 hommes de la garde civique.
En terme de forces mobilisées, l’Allemagne c’est 32 fois la Belgique en ce début août 1914.
Les belges vont néanmoins se battre pied à pied, dos au mur, sans aucun espoir de victoire, mais avec toute la rage du monde, ulcérés qu’ils sont d’être agressés par un géant cynique qui sait parfaitement qu’ils ne peuvent pas grand chose.
Et ce pas grand chose va prendre des proportions dantesques. Fusils et carabines 1889 en calibre 7,65 × 53 en main.
Dès le 3 août 1914, le roi Albert Ier rejette catégoriquement la demande de libre passage de l’armée allemande à travers la Belgique neutre alors qu’il sait parfaitement ce qui va s’en suivre.
L’armée allemande se jette alors sur la Belgique au grand scandale de toutes les nations du monde qui ne sont pas engagées directement ou non aux cotés de l’Allemagne.
Mais les belges vont leur en faire voir de toutes les couleurs.
Au fort de Liège, 40 000 hommes bloquent 130 000 Allemands pendant près de 12 jours, forçant l’ennemi à faire venir de l’artillerie lourde (les obusiers « Grosse Bertha ») et des obusiers autrichiens Skoda mobilisés de loin en catastrophe.
A la Bataille des Halen (12 août 14), l’unique division de cavalerie belge repousse héroïquement les charges de la cavalerie allemande, marquant l’une des rares victoires tactiques belges de l’été 1914.
Repliés avec la Roi dans Anvers, qu’Albert 1er transforme en bastion, les Belges se payent le luxe de 3 sorties offensives majeures qui mobilisent et retiennent 150 000 soldats allemands, les empêchant de participer à la bataille de la Marne contre les Français.
Excédés par la résistance du peuple belge les allemands se livrent, comme ils le feront d’ailleurs dans le nord et l’est de la Franc aux pires exactions contre les civils. Ces atrocités sont telles que c’est bien leur souvenir qui provoquera l’exode des civils belges et français du nord en 1940.
Le cirque continuera jusqu’en octobre et la stabilisation du front après la fameuse course à la mer. Les belges feront encore ce qu’ils peuvent, chez eux, à la Bataille de l’Yser (16 – 31 octobre 14) où 60 000 soldats belges totalement épuisés (soutenus par les 6 000 fusiliers marins français du contre-amiral Ronarc’h) tiendront contre tout et mettront en échec 100 000 soldats Allemands de la 4e armée.
In fine, le gouvernement belge devra partir en exil et le roi restera avec ses troupes restantes sur les malheureux 5% du territoire belge que son armée tient encore entre Dixmude et Furne, le dos à la mer sur la (très belle) plage de la Panne.
Tués, blessés et prisonniers, l’armée belge aura laissé 65 % de ses effectifs initiaux au tapis. C’est aussi cette fierté là que raconte notre carabine 1889 de ce jour.
Notre arme de ce jour est une très rare carabine belge du système 89, restée dans sa configuration de 14-18.
Les armes du système 89 restées dans leur état d’origine sont fort rares car nombre des survivantes de 14-18 ont été ensuite transformées au modèle 1889/36. C’est déjà une première raison.
La seconde raison est que les armes d’avant guerre de 14 ont largement été perdues dans la catastrophe.
C’est d’ailleurs pour la même raison que le reste d’armée belge, rejoints par les belges évadés et tous les patriotes rentrés du monde entiers pour se battre ont été équipés d’arme 1889 fabriquées en Angleterre à Birmingham ou aux USA chez Hopkins et Allen à partir de 1915. Le tout après une tentative de fabrication chez Greener qui a avorté dans d’obscures conditions.
Ces armes, fabriquées à l’étranger, ressortent des commandes de l’état belge àa partir de 1915 et après que le gouvernement belge ait pu acquérir une usine anglaise des mains de Greener et sise à Birmmigham.
Pour être direct, sur les armes 1889, restés au standard 1889 de 14-18, on voit beaucoup de fusils totalement dépareillés en numérotation et surtout souvent bouffés de rouille de partout.
Et très peu, quasiment jamais, de carabines ou mousquetons comme la notre quel qu’en soit l’état d’ailleurs.
Bref par son état, même non mono-matricule, et par son type, ce mousqueton, est une rareté que vous verrez très peu souvent.
Les bois sont en Be/TBE – fort manipulés certes mais fracture ou enture. Ils sont au numéro de l’arme. Seule la culasse n’est pas au numéro (faut pas rêver!).
Rien qu’en bois, elle est même en TBE comparé à la plupart des exemplaires de fusils qui me sont passés dans les mains. La carabine, encore une fois, on ne la voit presque jamais.
Les fers aussi sont en TBE : pas de rouille, un peu d’oxydation de surface, très peu très éparse – seulement en bélière de crosse en fait. Le reste est tabac avec encore au moins 80% du bronzage d’origine. C’est très rare même sur les fusil. Les numéros sont les mêmes partout. J’aimerai bien qu’elle parle celle-là pour me raconter son histoire.
Tous les défauts sont comme d’habitude avec moi, considérablement exagérés par mes énormes gros plan mais l’arme est vraiment mieux que présentable.
Le manchon n’est pas dégradé ou cabossé comme souvent.
Toutes les garnitures sont présentes et conformes.
La mécanique est bonne – Rappel sur les 89,90 et 91, on pousse le levier d’armement pour engager le percuteur. Comme sur les Lee-Enfield. A contrario du système 98. Les ressorts sont bien fermes. Et même un peu trop à cause de la saleté.
L’arme est en effet très sale et mérite un nettoyage intégral (et impératif) avant tir. Mais le fonctionnement est impeccable avec une percussion très nette. Le magasin est bien fonctionnel.
Preuve du bon état général de l’arme tous les poinçons et marquages sont bien lisibles. Elle porte fièrement la mention de fabrication » État Belge – Birmingham » en chambre. Et la mention « Belgium » en anglais en canon qui nous rappelle les conditions historiques de sa fabrication.
La hausse est complète et c’est la bonne mais le curseur doit être resserré (pas trop) pour tenir. Étant zérotée à au moins 200 mètres, elle conviendra en l’état à la plupart des stands.
Le canon est bon – Gris, terne, sale mais pas bouffé de rouille avec encore de belles rayures bien visibles jusqu’à la bouche – Bon état.
La plaque de couche est en bon état et aussi au même numéro que le reste de l’arme (hors culasse encore une fois).
Seul vrai défaut pour un collectionneur la baguette est manquante. Mais qaund on réalise la rareté de l’arme surtout dans cet état, cela vaut une petite recherche.
In fine une arme règlementaire belge fort peu courante, dans un état global au moins aussi rare et une addition de premier choix pour un collectionneur d’armes réglementaires de la première guerre mondiale. Un véritable ovni capturé par Maître Flingus. Et c’est du D en plus.
Arme de catégorie D au CSI : vente réservée aux majeurs, pièce d’identité, CNI ou passeport, en cours de validité obligatoire.
Rappel : Toutes les armes de collection, de chasse, et de tir sont d’occasion et sont vendues dans l’état, sans garantie. Toutes les armes historiques de fabrication ancienne vendues en tant que C ou D, « Collection » ou « Cow-boy shooting », sont des armes de collection non éprouvées pour le tir et non testées en stand. Elles ont été inspectées visuellement relativement à leur état général et mécanique mais aucune n’a été utilisée au tir et elles sont donc vendues comme non testées. L’acquéreur désirant utiliser une arme pour le tir devra impérativement se rapprocher préalablement du banc National d’Épreuve de Saint-Étienne, seule entité habilitée à délivrer des certifications d’épreuve préalable à un usage de tir.
Répétons le ! L’armurerie Flingus Maximus à Paris et partout en France est là aussi pour vos formalités armes entre particuliers, le rachat de collections armes et militaria, vos estimations d’armes, vos questions armes dans les successions et héritage. Contactez votre armurier préféré via notre formulaire de contact ou à [email protected]
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