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Source
Flingus Maximus
Dernière mise à jour
il y a environ 12 heures
Description
Au moins deux ans que j’en avais pas vu un quelque part. Et pourtant je les recherche plus qu’activement. Les rares que je trouve sont juste « pourris » (selon mes critères personnels) en plus.
Celui-là n’a jamais été sur le marché. Venue d’une unique famille qui l’a pieusement conservé en ligne directe pendant plus de 110 années… Tombé du ciel. Maître Flingus adore ça.
La plus rare version du MKIII (et pour les néophytes – je précise bien pas le MKIII (*) avec l’étoile- celui-là, on le voit partout – je me permet d’insister lourdement sur l’absence d’étoile).
Un très beau. Daté d’avant guerre en plus. Ceux-là on les voit encore plus rarement. Vous allez comprendre.
Mais, avant tout, un peu d’histoire. Et elle est passionnante.
Le Lee Enfield MKIII, c’est l’arc “long bow” des archers anglais du XX ième siècle, une arme mythique.
C’est avec ce flingue qu’une « misérable petite armée » de moins de 240.000 soldats professionnels selon le mot méprisant de l’Empereur germanique Guillaume II (la sienne d’armée en comptait près de 1,8 millions et des sévères !) maintenait un Empire, équivalent au tiers du monde connu, et sur lequel le soleil ne se couchait jamais, en paix quasi totale. Comme il convient à tout Empire qui se respecte.
Quand notre Lee Enfield MKIII de ce jour fut mis en service (1907), Édouard VII avait succédé depuis quelques années à l’insubmersible Impératrice Victoria. Et rien ne pouvait compromettre la pérennité de tout un monde « Made in Britain ».
Quand il décéda à son tour, en 1910, l’Empire semblait tout aussi proprement éternel à tous ses sujets. Son successeur, Georges V, le croyait aussi.
Quatre ans plus tard, Gavrilo Princip, un serbe très décidé, allait se charger de mettre fin à tout ça avec quelques balles de 380 ACP tirées d’un Browning modèle 1910 sur un obscur Archiduc autrichien. Sans oublier au passage l’épouse du dit Archiduc.
Aucun Lee-Enfield MKIII ne veillait sur Sarajevo et la paix du monde ce dimanche 28 juin 1914. La fin de l’Europe pouvait commencer.
Les armes du système Lee Enfield ont servi l’armée britannique, et ses nombreux dominions, de 1895 à 1957.
Un vieux et bon serviteur de la monarchie donc. Toute anglophagie naturelle mise à part, il fallait quand même qu’il ait quelques qualités.
Le notre est sa rare version MK III, sans étoile encore une fois, et strictement dans sa configuration réglementaire exacte de 1907, arme superbe et riche d’histoire.
C’est bien avec cette arme là, le MKIII « sans étoile », que l’armée britannique a débarqué, musique en tête, sur le continent en août 1914.
Les MKIII « sans étoile » ont tous modifiés au standard MKIII (*) à partir de 1915 et après encore. Les Lee Enfield produits neufs à partir de 1915 sont tous à ce nouveau standard MKIII(*).
Il ne reste donc qu’une toute petite poignée d’armes MKIII tout court ayant échappées miraculeusement à la mutilation pendant et encore plus après la 1ière guerre mondiale. Dont le notre.
Son nom complet de naissance est « Rifle SMLE (n°1) Mk III » – SMLE, c’est pour “Short Magazine Lee Enfield” soit ” Fusil à chargeur court Lee Enfield n°1 – Modèle III ”.
Ça c’est la désignation officielle. Il sont d’ailleurs marqués en poignée » ShtLE MKIII » – « Sht », c’est aussi et toujours pour le « short magazine ».
Il était en effet doté d’un excellent chargeur amovible “court”, à piles imbriquées en feuille d’acier, d’une capacité de dix coups, et surtout détachable. Ce concept était très moderne et une nouveauté à cette époque (1895).
À l’origine, ce chargeur détachable fit l’objet de quelques doutes dans les milieux militaires britanniques.
On craignait que le soldat de base ne perde quantité de chargeurs en campagne. En conséquence, sur les premiers modèles, on avait même attaché une petite chaine, liant le chargeur au pontet pour éviter que Tommy ne sème ses chargeurs tel un moderne Petit Poucet.
La rapidité de mise en œuvre du système de verrou Lee (on pousse vers l’avant pour engager le percuteur, geste plus naturel), la simplicité de fonctionnement/mise en place du chargeur et la capacité de dix coups permettaient à un fantassin bien entraîné de placer en cible une trentaine de coups à la minute.
Et on les y entrainait !
On appelait ça la « mad minute » (“minute de folie”) dans l’armée britannique d’avant 1914.
Le Lee Enfield était en effet le fusil à verrou le plus rapide de son époque.
Le record du monde, toujours à battre à ce jour, pour un tir avec un fusil à verrou est détenu par le Lee Enfield et un instructeur de tir britannique – le sergent instructeur Snoxall – qui, en 1914, mit 38 coups dans une cible de 300 mm de large (12 pouces) à 270 m (300 yards) en une minute avec son MKIII.
Si ça vous amuse de tenter le coup, vous pourrez toujours essayer avec notre beau fusil (après nettoyage!).
Les britanniques ont toujours été d’excellents tireurs. Des flèches d’Azincourt aux plaines de la Flandres en passant par les sinistres batailles d’Espagne et de Waterloo sous Napoléon, tous les adversaires des britanniques se sont plus à reconnaitre leurs qualités de tireurs de précision.
En plus, l’arme fonctionne dans un très bon calibre de guerre et de chasse (les deux activés ne sont jamais très loin l’une de l’autre) – le 303 British. Nombre de tigres et même d’éléphants de l’Empire lui doivent un départ prématuré pour un monde meilleur. Et pas mal de soldats allemands aussi…
Notre MK III est donc une arme d’avant guerre, faite pour former d’excellents tireurs dans une toute petite armée professionnelle (officiers sans fusil compris) et pas tous fantassins.
Une poignée de “sharpshooters” comme on disait à l’époque. Et donc assez peu de fusils produits au global comparé aux nombres de fusils présents dans les énormes armées de conscription d’avant guerre comme la France ou l’Allemagne.
L’arme est donc une excellente arme de tir. Elle aussi est très moderne comparée aux concurrents allemands et français. Car elle est courte. Une autre nouveauté pour l’époque.
Les anglais avaient appris à se méfier de l’encombrement des armes longues aux colonies (où ils avaient eu pas mal de combats urbains en fait, notamment en Asie) et dans la guerre d’Afrique du Sud qui supposait des déplacements fréquents et longs dans une guerre d’embuscades – ils adoptèrent donc une arme remarquablement compacte.
Mais cela fit scandale en Grande-Bretagne.
Clubs de tir, vétérans et armuriers s’inquiétèrent du fait qu’une ligne de mire plus courte et un recul nécessairement accru entrainerait une précision moindre pour les armées de sa Majesté. Toujours l’obsession britannique de la précision.
L’opinion de l’état-major sur la praticité d’une arme plus courte prévalue néanmoins. Heureusement, car la guerre de tranchées allait montrer toute la justesse de cette opinion.
Rendez vous compte: l’arme “standard” du fantassin est dotée d’une hausse très finement réglable en site et en dérive, cas unique dans les armées modernes de l’époque. Toujours pour plus de précision !
Cette fameuse hausse de précision, chère et délicate à produire, sera, elle, supprimée en 1916 pour simplifier la production.
L’arme est aussi doté sur le coté droit de la culasse du fameux “Cut-off “, recherché par les collectionneurs ou “arrêtoir de chargeur”.
Qu’est-ce que c’est?
Une fois engagé, ce dispositif “fermait” le chargeur par le dessus pour obliger le tireur à ne chambrer qu’au coup par coup afin…d’éviter le gaspillage de munition !
On peut toutefois le désengager facilement pour se faire une petite “minute de folie” bienvenue sur une troupe de prussiens ou de « natives » (indigènes) agités.
Mais seulement si le sous-lieutenant qui sort d’Oxford à 22 ans et commande des NCO’s (Non Commissioned Officers, nos sous-offs) de 45, ayant roulé leur bosse dans tout l’Empire, en donne l’ordre! L’armée anglaise fut toujours une armée de très dure hiérarchie sociale où les châtiments corporels sur les hommes étaient monnaie courante.
Il faut bien comprendre qu’avant guerre, tous les états-majors étaient tous obsédés par cette idée d’économie de munitions pour ne pas déborder des logistiques fragiles. La guerre de 14 les obligea très vite à ne plus trop contrôler le rythme de tir de leurs troupes et plutôt à revoir très sérieusement leur production et leur logistique. La guerre avait changé d’échelle.
Ce curieux « limiteur de consommation » de munitions a donc vite été conceptuellement dépassé dès les grandes boucheries de l’été 1914 où la règle devint plutôt le feu à volonté pour arrêter des marées humaines sous des déluges d’artillerie. Supprimé à partir de 1915 aussi, le cut-off.
Mais ce n’est pas tout. Notre peu courant Lee Enfield MK III (outre le cut-off et la hausse de précision) est aussi équipé d’un dispositif encore plus fou, le “Volley Sight”, coté gauche de l’arme cette fois, et qui n’existe pas non plus sur le MKIII(*) plus tardif.
Qu’est-ce que c’est que ce truc British encore?
C’est un dispositif de visée longue portée composée d’une roue dentelée graduée avec une tige-cible, située sur l’avant du fut, complétée d’un second œilleton de visée, rétractable, situé lui au niveau de l’arrière de la culasse.
Sur ordre des officiers, une graduation de distance était annoncée, appliquée par la troupe, et au lieu de viser l’ennemi directement classiquement sur l’axe hausse-guidon, les soldats britanniques visaient en l’air après alignement de la tige positionnée et de l’œilleton déployé.
Résultat ?
Une volée de balles partait dans le ciel et retombait sur l’ennemi en pluie comme les flèches d’Azincourt en 1415 ! Et avec les mêmes dégâts évidemment.
Fin 1914 à Ypres, des flots d’étudiants germaniques, fraichement volontaires et par trop enthousiastes, se sont fait littéralement fauchés par ce dispositif. Les historiens allemands ont d’ailleurs longtemps parlé du “Massacre des innocents de Ypres” à ce sujet.
Les dits allemands restèrent longtemps persuadés qu’ils avaient été fauchés par des mitrailleuses alors qu’en réalité ils avaient été essentiellement fauchés par la cadence de tir redoutable du Lee Enfield et les dispositifs “Volley sight” des britanniques.
Ce dispositif ne valait effectivement qu’en terrain découvert et à longue portée. Il s’est donc trouvé totalement inutile dès les premières tranchées creusées. Exit le volley-sight en même temps que le Cut-off en 1915 aussi.
Avec tous ces raffinements, notre Lee Enfield MK III coutait fort cher à produire. 3£75 par fusil.
Une fortune pour le gouvernement de Sa Majesté encore assez près de ses sous à l’époque. Trois semaines environ du salaire moyen ouvrier en GB en 1914 pour un unique fusil.
Donc dès 1915, il fut décidé de supprimer les dispositifs de Cut-Off et de Volley-sight devenus inutiles avec la guerre de tranchées puis, un peu plus tard, en 1916, d’adopter des hausses moins raffinées, et moins chères à produire. Économie de coût donc aussi.
Ce modèle simplifié devint le Lee Enfield Mark III “étoile” ou “MKIII (*)” et les marquages de modèle sur la poignée furent modifiés en conséquence – 99,99% des Lee Enfield MKIII d’avant guerre furent transformés au standard MKIII (*) pendant et, encore plus, après la guerre et portent cette mention (*) à la jonction de poignée sous le levier d’armement.
Ces transformations furent parfois partielle ce qui explique parfois que des armes MKIII(*) monomatricules venue d’ex-MK III tout court transformés portent encore soit le cut off soit la hausse 1er type réglable en site voire les deux. Mais eux n’ont plus le volley sight et sont tous marqué III(*).
Les SMLE Lee Enfield restés au standard MKIII tout court, c’est à dire dans leur configuration de août 1914 avec hausse 1er type, Cutt-Off et Volley Sight, sont désormais très rares. Les derniers fusils au standard d’avant 14 sont sortis de chez BSA en mars 1915.
Ils sont au moins aussi rares que les fusils et mousquetons français de 14-18 non modifiés pour la balle 1932 N que Maître Flingus a aussi beaucoup de mal à trouver.
Ces Lee-Enfield MKIII tout court ne sont donc qu’une toute toute petite poignée de survivants parmi les survivants des quelques 17 millions de Lee Enfield de tous modèles, du MKI au L42 A1, produits entre 1895 et 1957.
Comme pour les fusils français non modifiés 32N, ces Lee Enfield MK III non modifiés au standard (*) sont assez souvent des armes perdues puis survivantes du temps ou bien des armes capturées par les allemands.
J’ai d’ailleurs vu une assez forte proportion de poinçons allemands de diverses époques sur ces armes anglaises ou françaises non transformées, preuve qu’elles ont souvent passé au moins une partie de leur vie outre Rhin. Les autres sortent parfois encore de famille comme le notre.
Aujourd’hui, Maître Flingus vous a à nouveau déniché un de ces rares Lee-Enfield MKIII pas étoile. Le très peu que je vois sont souvent en très mauvais état. Mais, en m’acharnant à les trouver, j’en trouve « un bon » quand même de temps à autres.
Celui-là est complet et en assez bel état global. Et il est en plus 100% mono-matricule ce qui est fort rare sur les Lee.
Il a été produit par l’Arsenal de Enfield en 1911. Je ne vois que très très rarement des Lee-Enfield MKIII d’avant guerre. Les quelques MKIII sans étoile que j’ai eu étaient tous, au plus tôt, de 1914 et le plus souvent de 1915. Les derniers.
Et pour cause.
Moins de 130.000 armes au standard MK III ont été produites entre 1907 et 1913 par Enfield. Avec les autres arsenaux peut être 450.000 armes MKIII en tout sont d’avant guerre. Mais, d’abord, ces purs MKIII ont été massivement perdu en 14-18.
Ensuite,à partir de mi-1915, la Grande Bretagne ne produit plus que des MKIII(*). Et, enfin, ceux qui avaient survécu à la guerre ont été transformés sans pitié au format MK III(*) de façon industrielle pendant, et encore plus après la guerre. Systématiquement.
C’est ce qui vous explique la rareté de ces Lee-Enfield « pur jus 1914 » resté au standard MKIII aujourd’hui.
L’arme est assez peu oxydée dans son ensemble – Très propre vraiment en esthétique.
Quelques traces de peau d’orange assez éparses et peu profondes en garnitures en coté droit et en hausse toujours coté droit –
Seulement à droite. C’est un classique. Il a été posé sur un mur sain mais légèrement humide de ce coté. Cela reste assez léger comme cicatrices du temps et bien mieux encore une fois que ce que je vois d’habitude. BE+/TBE au global pour les fers.
Tous les défauts et autres traces sont très lourdement accentuées par mes TROP gros plans comme d’habitude avec moi mais comme ça vous voyez tout. Autrement l’arme est vraiment belle. Il suffit de regarder les photos d’ensemble pour s’en convaincre.
“Broad arrow” du « War Departement » un peu partout. Tous les marquages et poinçons sont bien bien lisibles et sont les mêmes un peu partout – Bronzage présent à 65% + – État plus que bon pour une arme d’avant guerre et stockée durant 115 ans.
TBE pour les marquages de fabrication, couronne et autres aussi ce qui est un signe supplémentaire de la conservation générale de l’arme.
Bois en plus qu’excellent état – Très beaux – Juste quelques traces de manipulation légères. Aucun coup majeur ou enture. Très beau bois de début de production.
Les bois sont si beau qu’on voit encore le numéro de série (conforme au reste de l’arme) en fut près de la grenadière avant alors qu’ils ont disparu avec le temps dans la plupart des cas. Ce sont bien SES bois d’origine. TBE+
L’arme porte bien sur le coté droit, gravés dans le métal au niveau de sa poignée, la Couronne de George V au dessus de GR (pour “George Rex”) – “ENFIELD 1911” et la mention “Sht LE III” pour le “short Magazine Lee-Enfield modèle III”.
Notre arme est donc sortie des ateliers de Enfield en 1911 – son numéro de série est en « T xxx » .
Stratton – dans son livre « SMLE (N°1) Rifles MK 1 and MKIII volume I – indique bien la lettre préfixe « T » pour les armes sorties de chez Enfield en 1911. Mais cette lettre arrive en 4° position après P,Q et R, seules lettres employées cette année là à Enfield et dans cet ordre. Il s’agit dont d’une arme de la toute fin de l’année 1911. On va y revenir.
Enfield, principal arsenal britannique, n’a sorti que moins de 30.000 fusils MKIII entre 1910 et 1913 (l’essentiel est de 1907-1910, environ 100.000 sur les 130.000 de la période totale d’avant guerre 1907-1913). Notre arme de 1911 est donc très rare dès la production déjà.
La culasse et le levier d’armement sont bien fluides mais couvert de vieille graisse à nettoyer avant tir – Le Cut-Off est bien fonctionnel. L’arme est impeccable mécaniquement – juste à nettoyer – tous ressorts bien fermes – Percussion bien nette.
La culasse est au numéro comme la hausse, le canon et l’embouchoir. Les poinçons sont les mêmes un peu partout en garniture. Arme mono-matricule donc.
C’est très rare pour une arme d’avant la guerre dans ce standard MKIII.
Le chargeur est bien un bon modèle de la période 14-18 et non postérieur. Il est un peu oxydé mais parfaitement conforme et c’est le sien. Ne pas les séparer. Il est parfaitement fonctionnel mais je conseille d’acheter un chargeur de rechange en copie pour le tir pour éviter de perdre l’original.
Le disque du “Volley Sight” et son œilleton en coté de culasse sont également bien présents et fonctionnels (le voley sight a été serré « à fond » mais il est bien fonctionnel au maillet – j’ai vérifié – il faudrait le dévisser légèrement pour qu’il coulisse – c’est néanmoins totalement inutile de le faire en collection et pour le stand).
Idem pour le levier de mise en sécurité qui est bien fonctionnel lui aussi.
Bien évidement, l’arme est dans son calibre d’origine en 303 British. Aucun poinçon parasite (souvent allemands ou post 14-18 sur ces armes).
Toutes les pièces et garnitures sont bien d’époque au modèle MKIII.
A noter que la hausse est aussi bien du 1er modèle c’est à dire réglable aussi en dérive. Il faut bien la pousser sur le coté pour la bloquer mais elle est bien fonctionnelle.
Rappel : les Lee Enfield MKIII sont “zérotés” à 200 yards soit 183 mètres en hausse (200 mètres pour les Lebel ou G98 leurs équivalents de l’époque). A moins de 200 mètres vous devrez donc viser nettement sous le noir pour le toucher. Ces armes MKIII ont une réputation justifiée d’armes de tir de très grande qualité (bien plus que les MK IV et Jungle).
Le canon est en très bon état – terne, à nettoyer, mais très beau avec de très belles rayures bien profondes. Il fera une bonne arme au tir.
Cerise sur le gâteau, l’arme porte bien son disque d’unité d’origine en laiton en crosse. C’est assez rare. Car, pour les armes ayant fait 14-18, ils ont été rendus muets durant la guerre pour éviter de faciliter les identifications d’unités par l’ennemi et massivement retirés après la guerre aussi.
Notre arme, ayant été perdue durant le conflit, et très probablement au début du conflit (car elle a encore son disque et bien est restée au standard MKIII) l’a conservé. C’est, en collection, un plus indéniable. Mais, ici, c’est encore mieux que cela.
Notre disque de crosse porte en effet la mention « 2 . 12 « ; « 1 L G »; « 176 ».
Kesako ?
C’est très clair: l’arme a été affecté en février 1912 -au très select « 1st Regiment of Life Guards » – arme n°176 de l’unité. Normal pour une arme sortie d’usine à l’extrême fin 1911 comme indiqué précédemment. Mais l’unité d’attribution est rare.
Formé en 1788, le 1st Life Guard est un régiment ultra-prestigieux de cavalerie de l’armée britannique, appartenant à la « Household Cavalry » (la Cavalerie de la Maison Royale).
Vous savez, ces beaux cavaliers à casques d’acier et cuivre et à long plumet blanc aussi impassibles que leur monture, qui montent la garde devant Buckingham et qui sont aujourd’hui encore abondamment photographiés par les touristes. Et bien c’est eux. Les fils des plus prestigieuses familles du royaume y servaient comme officiers.
Principale garde montée du monarque, ce régiment prestigieux de cavalerie lourde, équivalent de nos cuirassiers, était toujours une unité de service actif dès qu’elle était requise malgré son apparat cérémoniel.
Basée aux Hyde Park Barracks à Londres, elle assurait les gardes royales tout en restant une unité régulière opérationnelle.
L’unité combattit lors de la guerre d’Espagne (Peninsula War de 1813) et à Waterloo en 1815, où les deux régiments de Life Guards menèrent conjointement la charge de la Household Brigade contre les français. Renommé 1st Life Guards en 1877, ce régiment participa encore à la guerre anglo-égyptienne de 1882 puis à la Seconde Guerre des Boers (1899-1901).
Et son pédigrée durant la Guerre de 1914-1918 est éloquent : Mons, Le Cateau, la Marne 1914, Messines 1914, Armentières 1914, Ypres 1914-15-17, Langemarck 1914, Gheluvelt, Nonne Bosschen, St Julien, Frezenberg 1915, la Somme 1916, Albert 1916, Arras 1917-18, Scarpe 1917-18, Broodseinde, Poelcappelle, Passchendaele, la ligne Hindenburg, Cambrai 1918.
Bref, dans tous les bons coups…
Durant la guerre, le cheval perdant quelque utilité en tranchée, le régiment se verra « démonté » comme on disait à l’époque pour les unités de cavalerie transformées en unités terrestres. L’un de ses bataillons, le 1er, sera transformé en unité de mitrailleurs, pour devenir le Guards Machine Gun Regiment. Le 19 mai 1918, cette unité de mitrailleurs issue du 1st Life Guards aura le redoutable honneur d’être victime d’un rare bombardement aérien pleinement réussi sur une unité rassemblée de la période. Bilan: 42 mitrailleurs tués et 91 blessés en quelques minutes.
Bref une arme d’une unité des plus prestigieuse en plus.
La baïonnette qui convient « le mieux » à ce fusil très « 1914 » sur un plan historique est la fameuse et très rare baïonnette 1907 « à quillon » – J’en ai une en stock si cela intéresse quelqu’un.
Au final, une arme iconique de l’Empire Britannique, dans sa rare configuration d’origine de août 1914 avec volley-sight, devenue très difficile à trouver surtout en bon ou très bon état. Au moins aussi difficile qu’un Lebel monomat en TBE et non modifié 32N. Et même sûrement plus chez nous.
Il fera une addition de premier choix pour un collectionneur d’armes réglementaires européennes ou d’armes anglaises de la première guerre mondiale. L’attribution régimentaire est très prestigieuse et rarissime. N’allez surtout pas m’y coller une lunette ou un truc de ce genre car il est très rare dans cette configuration d’août 1914 et vous le déprécieriez de façon irrémédiable.
ARME DE CATÉGORIE B AU CSI : ARME SOUMISE À AUTORISATION – PHOTOCOPIES DE LA PIÈCE D’IDENTITÉ ET DE LA LICENCE EN COURS DE VALIDITÉ OBLIGATOIRES – COMPTE SIA OUVERT BIEN ÉVIDEMENT – Expédition contre signature en deux colis séparés d’au moins 48 heures obligatoire.
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